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Ce projet pour le centre-ville d’Aberdeen est très ambitieux et tente de régler beaucoup de problèmes en même temps. Certes, il est normal et même rassurant que la ville prenne au sérieux le besoin d’une régénération en vue d’un déclin économique. Dans l’histoire d’Aberdeen, le projet de Union Street était aussi très ambitieux et avait même mis la ville en faillite. La proposition touche à des enjeux à la fois qualitatifs et économiques.

 

En lisant les exemples d’usages de berges dans The Fractured Metropolis, nous nous questionnons sur l’utilisation actuelle et proposée des espaces riverains. BDP préserve une partie importante de la zone industrielle aux berges de la baie d’Aberdeen et de la rivière Dee. Les fonctions dans la ville continuent donc à être fortement ségrégées et la zone industrielle est particulièrement hostile au piéton. Faut-il toujours mettre une barrière entre les zones industrielles et le reste de la ville ? Le piéton peut-il trouver sa place dans les quartiers industriels? Le concours Europan 14 de 2017 intitulés Productive Cities permet d’explorer les possibilités de coexistence avec les secteurs industriels dans plusieurs villes européennes. Certes, il y a des dangers et des limites à respecter dans les ports à vocation industrielle, mais pourrait-on imaginer de mettre en scène l’ingéniosité productive de l’humain ? Surtout lorsque c’est le moteur économique aussi important ? De plus, il n’y a pas que les berges portuaires qui touchent le centre-ville, on peut penser au potentiel des berges de la Dee (inclus dans le secteur 7 du projet) et aux berges au nord du port. Il existe d’ailleurs la plage d’Aberdeen à cet endroit, mais elle n’est pas mentionnée dans le projet dans le projet de BDP. Dans le cadre d’un atelier supervisé par l’architecte Josué Robles Caraballo, un groupe d’étudiants ont proposé en 2013 des interventions au domaine public du centre d’Aberdeen, dont une connexion plus forte avec cette plage. Nous considérons aussi que les fonctions proposées aux berges de la Dee n'assurent pas la réintégration des berges puisqu’elles ne sont pas assez publiques, comme un aquarium ou un marché. La fonction de bureaux concentrée au North-Dee suggère la possibilité d’un Business Improvement District, ce qui souvent amplifie la privatisation de l’espace public collectif.

 

Beaucoup des circulations piétonnes comptent sur l’emploi du domaine privé (centres commerciaux) ce qui ne répond pas à une vraie perméabilité urbaine. De plus, nous considérons la place du secteur commercial trop importante dans le centre-ville, quoiqu’il faille prendre en considération qu’une partie de la prédominance du magasinage est en lien au tourisme d’affaires et de plaisance. La proposition montre l’intérêt de propulser et de soutenir les commerces de Union Street et ceux des centres commerciaux. Est-ce que deux axes commerciaux perpendiculaires peuvent subsister ? L’existence même des centres commerciaux n’est-elle pas la cause du déclin des commerces de Union Street ?

 

Un aspect majeur du projet est la promotion de la mobilité douce. La volonté de redonner de l’importance au piéton très forte considérant qu’Aberdeen est la ville avec le plus d’automobiles de l’Écosse. La mobilité piétonne est pensée comme un réseau reliant les différents secteurs du centre-ville. Cependant, la fréquence et la qualité des accès piétons à la rue surélevée de Union Street ne sont pas traitées.

 

Finalement, le caractère et l’enjeu économique du projet se retrouvent dans la plupart des interventions où l’on cherche à assurer la survie économique d’Aberdeen par des investissements dans le cadre bâti, les bâtiments patrimoniaux et les infrastructures. La proposition tente alors de stimuler le milieu de l’emploi par le biais de la qualité urbaine ainsi que de créer environ 5000 emplois directement.

CONCLUSION

Dans le cadre du cours ARC-6033 Design Urbain : concepts et méthodes

Par Vincent Bélanger, Sarah Righi et Tatiana Valter

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